Guide complet pour déposer une réclamation en NBA Procédure simple et étapes importantes

« Chauncey Billups, tout le staff, demandait le temps-mort. Je me suis littéralement tourné vers l’arbitre sur la ligne de touche, et il était clair que l’arbitre ne voulait pas qu’on ait un temps-mort. » Cette absence de temps-mort, décrite par Malcolm Brogdon, dans la défaite contre le Thunder, a provoqué la colère du coach des Blazers. Dans la foulée, la franchise a déposé une réclamation pour contester le résultat.

Comment fonctionne cette procédure ? La question mérite d’être posée car une telle situation n’est pas fréquente en NBA. La preuve : la réclamation des Blazers n’est que la 45e dans l’histoire de la ligue.

48h pour réclamer, 10 000 dollars à donner
D’après le règlement de la NBA, la franchise qui veut déposer une réclamation doit le faire dans les 48h qui suivent la rencontre, soit par fax (ancien monde), soit par mail, en adressant un message au patron de la ligue. Seul le propriétaire ou le coach de la franchise peut procéder à ce geste. Pas un joueur donc. Et ce n’est pas gratuit puisqu’un chèque de 10 000 dollars est signé à l’ordre de la ligue. Si l’équipe concernée a gain de cause, les 10 000 dollars seront remboursés. Sinon, la somme est « confisquée » et tombe dans la poche de la NBA.

Dès qu’Adam Silver aura reçu la réclamation des Blazers, il informera les membres du Thunder et les deux camps auront alors cinq jours pour déposer les éléments qu’ils jugent probants pour justifier le résultat final. Dès réception des preuves, le patron de la ligue tranchera dans les cinq jours.

En l’espèce, les Blazers vont parler de cette absence de temps-mort en fin de rencontre. Un argument suffisamment fort ? Sans doute pas pour notre confrère de The Athletic, John Hollinger, qui a été vice-président des opérations basket des Grizzlies entre 2012 et 2019. Il était même aux commandes lors d’une réclamation des Kings, le 13 novembre 2014, contre les Grizzlies. Sacramento n’avait pas réussi à convaincre.

Selon lui, les réclamations ne concernent pas vraiment les coups de sifflet manqués, qui relèvent de la malchance et non d’une règle mal appliquée.

On peut par exemple prendre la dernière réclamation réussie, qui date de décembre 2007 et d’un match entre le Heat et les Hawks. La table de marque avait sorti Shaquille O’Neal alors qu’il avait seulement cinq fautes – et pas six donc. Comme la règle n’avait pas été bien appliquée, la fin de rencontre avait été rejouée en mars 2008. Sans le pivot, transféré à Phoenix entre-temps… Atlanta avait de nouveau remporté ce match joué en deux fois.

Seulement 13% de réussite et deux victoires
Sur les 44 réclamations déposées, dont la première date du 26 février 1952, seuls six ont parmi de rejouer une séquence de jeu. Soit 13.3% de réussite. Ensuite, sur ces six matches en partie rejoués, à deux reprises, l’équipe qui avait initialement perdu a finalement renversé la tendance.

La première fois, ce fut en mars 1953 avec une victoire des Warriors de Philadelphie contre les Hawks de Milwaukee (qui iront ensuite à Saint-Louis et Atlanta). Les premiers avaient protesté contre un changement illégal dans la défaite de novembre 1952.

La seconde fois, on remonte au 3 avril 1983. Les Spurs avaient perdu le 30 novembre 1982 contre les Lakers, en double prolongation, après une action étrange. Il reste quatre secondes à jouer dans le temps réglementaire, les Texans ont trois points d’avance (116-113), et Norm Nixon est sur la ligne des lancers-francs. Il marque le premier et feinte le second, forçant ainsi les joueurs au rebond à sortir de leurs appuis. Les arbitres sifflent un entre-deux, gagné par les Lakers, qui marquent et égalisent, arrachent ainsi la prolongation, avant de s’imposer après 58 minutes de jeu.

La franchise texane aurait voulu un deuxième lancer-franc pour Norm Nixon et non un entre-deux car, finalement, il n’a jamais pris son deuxième lancer-franc. Ce sont donc les trois dernières secondes de la partie qui seront jouées plus de trois mois après, permettant aux Spurs de s’imposer 117-114, sans prolongation.

Gilles Moreau https://belgiumtribune.be/

Journaliste chevronné depuis plus de 12 ans, j'ai couvert divers sujets allant de la politique nationale à l'économie mondiale. Autrefois affilié à des publications de renom, il apporte désormais son expertise à BelgiumTribune.be, analysant en profondeur les enjeux politiques et économiques qui façonnent l'avenir du pays.

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