Scandale au Parlement espagnol refus de la loi damnistie pour les Catalans

Le parlement espagnol a rejeté la loi controversée espagnole visant à accorder l’amnistie aux séparatistes catalans. La parti catalane Junts per Catalunya a lui-même voté contre la loi, mettant ainsi en péril l’avenir du gouvernement Sanchez.

La parti séparatiste Junts de Carles Puigdemont a voté contre la loi car le PSOE, le parti socialiste de Sanchez, a refusé de s’accorder sur de nouveaux amendements proposés par Junts.

Junts voulait que toutes les exceptions liées au terrorisme soient supprimées du projet de loi, car certains membres, dont Puigdemont lui-même, font actuellement l’objet d’enquêtes judiciaires pour des crimes présumés liés au terrorisme.

Une commission parlementaire reprendra actuellement l’étude du projet de loi. Il est possible que le projet soit renvoyé pour un nouveau vote à la Chambre basse.

Les deux partis catalans Junts et Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) avaient soutenu le gouvernement en raison de la promesse qui leur avait été faite d’une amnistie. En novembre, le Premier ministre Sanchez a ainsi pu obtenir un nouveau mandat.

En Espagne, un nouveau gouvernement devait être formé après les élections de l’été dernier, que Sanchez a perdu. Le Partido Popular de droite est arrivé en tête, mais ce parti n’a pas réussi à former une coalition, laissant ainsi la place à Sanchez.

Il a dû faire appel à Junts et ERC pour obtenir suffisamment de sièges. Cela a fonctionné, mais maintenant il doit « rembourser » sa « dette ». Sanchez a défendu la loi en affirmant que l’amnistie aide à apaiser les tensions en Catalogne. Cependant, une grande partie du pays est contre la loi. Les opposants craignent que si les séparatistes obtiennent l’amnistie, ils finiront par lutter à nouveau pour une Catalogne indépendante.

La correspondante en Espagne, Miral de Bruijne, a déclaré : « Au cours des derniers mois, les partis de la coalition et les deux partis catalans ont consacré beaucoup de temps à la rédaction de la loi d’amnistie. Le vote négatif de Junts aujourd’hui portera certainement atteinte à la confiance entre les partis. Et sans cette confiance, il sera difficile pour Sanchez de gouverner. »

« Pour son gouvernement minoritaire, il a en effet besoin du soutien des Catalans. Cela sera le cas s’il y a finalement une loi d’amnistie, car sans cette dernière, ce soutien est automatiquement annulé. Les partis sont conscients de leur dépendance mutuelle s’ils doivent revenir à la table des négociations. »

ERC a voté pour la loi. Ce parti accuse Junts de vouloir modifier la loi pour de « faux intérêts ». Ils pensent que le vote négatif a été motivé pour protéger les intérêts de Puigdemont, qui est accusé de terrorisme par la justice. En outre, plusieurs enquêtes visent Puigdemont, notamment pour ses liens avec le Kremlin.

Sánchez est également critiqué pour avoir voulu rester au pouvoir à tout prix et avoir conclu un accord avec les Catalans.

À plusieurs reprises, de nombreux manifestants sont descendus dans la rue pour protester contre la loi. En novembre, 170 000 personnes ont manifesté à Madrid et le week-end dernier, le Partido Popular (PP) a organisé une manifestation à laquelle ont participé 45 000 personnes.

Si le projet de loi est finalement approuvé au Parlement, il devra encore passer au Sénat, où le PP détient la majorité absolue. Si la loi est adoptée, les juges devront décider au cas par cas si l’amnistie s’applique.

Cette controverse constitue un défi majeur pour le gouvernement de Sanchez, avec des répercussions potentielles importantes pour la stabilité politique en Espagne.

Benjamin Lambert

Journaliste engagé depuis plus de 10 ans, Benjamin Lambert a consacré sa carrière à l'investigation et à la révélation des problématiques sociales majeures. Ayant contribué significativement à des médias réputés, il met désormais son expérience au service de BelgiumTribune.be, explorant des sujets captivants et éclairant des enjeux cruciaux de la société à travers ses articles percutants.

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