Révolte des agriculteurs La vraie raison derrière la quête du profit plutôt que de la production

Les agriculteurs, ces acteurs essentiels de notre société, travaillent souvent de longues heures pour assurer la production alimentaire, pourtant, leurs revenus restent relativement faibles. Il est difficile de comprendre pourquoi ces entrepreneurs, qui répondent à une demande réelle et font preuve d’innovation, n’arrivent pas à subvenir à leurs besoins malgré leur activité acharnée.

En plus des raisons habituellement évoquées telles que la formation des prix et les politiques de subvention, un facteur moins souvent discuté mérite d’être signalé. Les agriculteurs évoluent dans un environnement qui les pousse à accroître constamment leur production, alors que, du point de vue économique, le but d’un producteur est de maximiser son profit et non pas nécessairement sa production.

Ces entrepreneurs agricoles ne sont pas seuls dans cette chaîne économique ; en amont, des fournisseurs de matériaux, équipements, et produits agricoles les incitent à produire davantage. En aval, ce sont les acteurs de la transformation et de la commercialisation de leurs produits qui encouragent également cette croissance. Tout le système pousse les agriculteurs à produire plus, mais est-ce vraiment dans leur intérêt ?

Pour augmenter leur production, les agriculteurs doivent investir dans de plus grands bâtiments, de plus grandes machines, des semences plus productives, et utiliser plus d’engrais. Tous ces coûts profitent aux fournisseurs de ces biens, car cela signifie des revenus supplémentaires pour eux. Le financement de ces investissements par le biais d’emprunts signifie également des intérêts à payer aux banques et des assurances à contracter.

En aval, les entreprises de transformation et de distribution tirent des bénéfices d’une augmentation de la production agricole. Plus la production est élevée, plus les matières premières agricoles sont bon marché, ce qui leur permet de réaliser des profits plus importants sur le marché national et international.

Cependant, du point de vue strictement économique, il n’est pas toujours dans l’intérêt des agriculteurs de produire davantage. En effet, au-delà d’une certaine taille, les coûts supplémentaires engendrés par une augmentation de la production peuvent dépasser les bénéfices attendus. Le raisonnement classique des économistes dits « marginalistes » entre alors en jeu : l’entrepreneur doit comparer l’augmentation des coûts avec les recettes supplémentaires qu’il espère en tirer pour déterminer s’il est réellement avantageux d’accroître sa production. Il arrive toujours un point où il n’est plus dans l’intérêt de l’agriculteur de continuer à agrandir son activité.

Il est essentiel de reconnaître que la réalité du monde agricole ne se limite pas à l’acte de production. Les agriculteurs sont confrontés à des pressions économiques complexes qui les poussent à une croissance constante sans que cela ne soit toujours bénéfique pour eux.

Gilles Moreau https://belgiumtribune.be/

Journaliste chevronné depuis plus de 12 ans, j'ai couvert divers sujets allant de la politique nationale à l'économie mondiale. Autrefois affilié à des publications de renom, il apporte désormais son expertise à BelgiumTribune.be, analysant en profondeur les enjeux politiques et économiques qui façonnent l'avenir du pays.

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