Nouvelles inquiétantes de Richard Gasquet avant son premier tour à Marseille

Gaël Monfils : « Murray a repris sur X un journaliste qui, même s’il a mis les formes, se demandait s’il n’était pas temps pour lui d’arrêter. Que penseriez-vous si on écrivait ça sur vous ? » Murray : « Je m’en moque un peu. Depuis que je suis né, on me dit des trucs… J’ai l’habitude ! Andy, il est encore cinquantième mondial (49e). Oui, il est dans une mauvaise période, c’est dur pour lui, pour moi aussi. Comment accepte-t-on d’être moins bon ? C’est obligé de devenir moins bon. À part (Novak) Djokovic, qui gagne des Grands Chelems à presque 37 ans (il les aura en mai)… A-t-on déjà connu ça en sport, à part peut-être (Michael) Jordan ? (Lionel) Messi joue à Miami, les autres en Arabie saoudite, lui, il est n°1 mondial… Je ne peux pas m’expliquer qu’un mec comme ça soit aussi fort à cet âge-là. À 37-38 ans, normalement, tu es beaucoup moins bon qu’à 25. Tu le sais. Moi, à aucun moment je me disais que je jouerais l’année de mes 38 ans (il les aura en juin). Inimaginable. Du coup, vous ne gérez pas trop mal… J’ai vécu des bons moments l’an passé. J’ai gagné un tournoi (à Auckland), ça m’a prolongé un peu. Cette année à Melbourne, lors du premier set contre (Carlos) Alcaraz, j’ai eu des sensations sur le court, j’ai pris du plaisir. J’ai eu du plaisir à être en Australie. Tant qu’il y a ça, que ça continue un peu, que tu fais de grands matches et que tu en gagnes… Mais voilà, il faut en gagner. L’an passé, j’ai battu (Stefanos) Tsitsipas (à Stuttgart). J’ai vibré encore un peu. Là, il faut pouvoir se donner… (il coupe). Si dans les trois, quatre mois qui arrivent tu ne vibres pas, tu n’es pas plus con qu’un autre… Cela se fera naturellement. Sur les deux-trois dernières années, j’ai réussi à prendre du plaisir. »

« La sortie du top 100 (il est actuellement 131e) a-t-elle été difficile à vivre ? » Oui, c’était un peu difficile. Je savais que ça allait arriver un jour ou l’autre. Je ne pensais pas rester dans les 100 autant de temps. Je me doutais qu’après Auckland (avec la défense de son titre), ça devenait inéluctable. C’est juste qu’il ne faut pas souffrir sur le court. C’est ça qui me fera arrêter : la souffrance physique. Si je sens que je n’arrive plus à gagner un match, ou si je souffre, si je n’arrive plus à arquer, à faire l’effort… Là, c’est un peu plus dur que l’an passé. Je n’ai pas fait de bons résultats en 2024. Depuis trois, quatre, mois, je n’ai pas très bien joué. Il y a eu une petite reculade, quand même… Murray l’a eue aussi. Tu sens que tu as un peu moins de jambes. Mais tu vibres toujours, quand même. Tant qu’il y a une petite étincelle… Je suis content de jouer à Montpellier, à Marseille. Vous savez, je n’ai pas de pression particulière. Quand ça doit s’arrêter, ça s’arrêtera de soi-même. Ce qui est bien, c’est que j’aurais donné jusqu’au bout et je n’ai pas de regrets. J’ai déjà repoussé tellement loin…

« Réfléchit-on à une fin idéale ? » Quand tu es Français, c’est soit Roland-Garros, soit Bercy. Comme l’ont fait Jo (Tsonga) et Gilles (Simon). J’y réfléchis un petit peu, mais pas trop.

« Et pour la suite de cette saison ? » J’ai une wild-card à Doha, après je ne sais pas trop. Jusqu’à maintenant, je n’avais pas à réfléchir pour la programmation. Cela, c’est un peu difficile. Indian Wells, il faudrait jouer les qualifs, je ne suis pas sûr d’y aller. C’est un long voyage, on verra. Pour la terre battue, tu ne sais pas trop. Les wild-cards, on n’en a pas tout le temps ! On ne sait jamais ce qui peut se passer. Quand tu descends au classement, c’est la jungle.

« Et en Challenger ? Vous serez bien obligé de jouer… » Si je les gagne, que je reviens, que je sens que je suis capable de faire quelque chose, je le ferai. Je le redis : pour se faire vibrer, pour se donner l’envie de continuer, il faut gagner des matches, il ne faut pas que ce soit une corvée physiquement. Sinon, il faut arrêter.

« Vous en parlez avec Monfils ? » Il est un peu mieux, quand même. Je le sens mieux que moi!

« Là, il doute un peu… » Il a douté toute sa vie. (Rires.) Il a gagné un tournoi en fin de saison dernière. Lui continuera. Deux bonnes années. Sûr. L’année prochaine il jouera encore. Moi, ce n’est pas sûr.

« À Marseille, vous êtes accompagné par Georges Goven… » Il est déjà venu avec moi, ça s’est bien passé. C’est un coup de main. On se connaît depuis toujours. Là, il m’a conseillé de détendre la tension du cordage, de descendre de deux kilos. Je n’ai pas bien frappé la balle à Montpellier, on va voir. Je vais être à 22 de tension, les balles sont lourdes. Ce n’est pas plus mal de changer un peu.

Benjamin Lambert

Journaliste engagé depuis plus de 10 ans, Benjamin Lambert a consacré sa carrière à l'investigation et à la révélation des problématiques sociales majeures. Ayant contribué significativement à des médias réputés, il met désormais son expérience au service de BelgiumTribune.be, explorant des sujets captivants et éclairant des enjeux cruciaux de la société à travers ses articles percutants.

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