Le mystère de la chute de la Bourse de Paris liée au recul de TotalEnergies

La Bourse de Paris a clôturé en baisse de 0,36% mercredi, affectée par le recul des actions de TotalEnergies suite à des résultats jugés décevants malgré un bénéfice net record. L’indice vedette CAC 40 a reculé de 27,71 points à 7.611,26 points, après avoir progressé de 0,65% la veille. La nette baisse de TotalEnergies, qui a abandonné 3,17% à 58,39 euros, a marqué la séance.

La major française a dégagé en 2023 un bénéfice net record de 21,4 milliards de dollars, en hausse de 4% sur un an. Cependant, cette croissance est en trompe l’œil, car elle bénéficie d’une base de comparaison favorable par rapport au résultat de l’année précédente, qui aurait été encore plus élevé s’il n’avait pas été amputé d’une énorme dépréciation liée au retrait d’activités en Russie. Son bénéfice ajusté a ainsi reculé de 36% à 23,2 milliards de dollars par rapport à 2022. De plus, les résultats du quatrième trimestre sont ressortis légèrement en dessous des prévisions des analystes sondés par Bloomberg.

Nathalie Benatia, macroéconomiste de BNP Paribas AM, a commenté la prudence des marchés à l’égard des anticipations de politique monétaire des banques centrales. Elle a souligné l’interview d’Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne, au Financial Times, où cette dernière souhaite convaincre les observateurs que la BCE ne baissera pas ses taux aussi vite qu’anticipé par les marchés. Les raisons évoquées incluent l’inflation encore vive dans le secteur des services, un marché du travail résilient, et des tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

Par ailleurs, le groupe français de paiements Worldline envisage des suppressions de postes touchant jusqu’à 8% de ses 18 000 collaborateurs dans le monde. L’entreprise n’a pas confirmé combien de ses 4 000 employés en France étaient potentiellement concernés.

En outre, la justice européenne a annulé le feu vert accordé par Bruxelles à une aide d’État de 3,4 milliards d’euros octroyée par les Pays-Bas à la compagnie aérienne néerlandaise KLM pendant la pandémie. Cette décision a été saluée par la compagnie à bas coût irlandaise Ryanair, qui avait contesté le soutien public accordé aux compagnies aériennes pendant la crise exceptionnelle du Covid. En conséquence, le titre d’Air France a abandonné 3,48% à 11,55 euros.

Cette séance à la Bourse de Paris illustre la volatilité et les incertitudes qui planent sur les marchés, à la fois en raison des performances des entreprises et des décisions politico-économiques. La situation de TotalEnergies ainsi que les réductions d’effectifs envisagées par Worldline reflètent les challenges auxquels sont confrontées les entreprises à l’heure actuelle, tandis que la décision de la justice européenne concernant l’aide d’État à KLM et ses répercussions sur Air France mettent en évidence les défis auxquels le secteur aérien est confronté dans un contexte post-pandémique. La vigilance et l’adaptabilité demeurent essentielles pour naviguer dans ces conditions changeantes.

Laurent Dubois http://belgiumtribune.be

Fort d'une carrière de 18 ans dans le journalisme, Laurent Dubois s'est spécialisé dans la couverture approfondie des événements culturels, artistiques et historiques. Ayant travaillé avec des magazines de premier plan, il met désormais à contribution son savoir-faire pour BelgiumTribune.be, partageant des perspectives uniques sur le patrimoine culturel et l'art contemporain.

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